Pôle Emploi va sous-traiter 320.000 chômeurs sur deux ans
AP le 21 juillet 2009
Pôle Emploi va confier à des opérateurs privés le reclassement de 320.000 chômeurs sur deux ans. "C'est un atout", assurait mardi le directeur général de Pôle Emploi Christian Charpy, tandis que le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez expliquait que le "prêt d'agents d'intérim" allait empêcher des licenciements dans les agences d'intérim en difficulté.
Dans cette période de crise, "les agences d'intérim ont moins de travail" alors que "nous, on en a plus", a souligné Laurent Wauquiez sur France-Info. "C'est le moment de travailler ensemble", a-t-il estimé. Au lieu de voir des agents d'intérim licenciés, "on va proposer de les héberger à l'intérieur de Pôle Emploi et qu'ils puissent venir renforcer nos équipes".
Pour le secrétaire d'Etat à l'Emploi, "les objectifs sur deux ans, c'est de faire en sorte qu'on puisse avoir 320.000 demandeurs d'emploi qui feront l'objet d'un accompagnement par le biais des spécialistes des agences d'intérim".
Le directeur général de Pôle Emploi Christian Charpy a répondu aux critiques sur cette sous-traitance au privé. "Ce n'est absolument un aveu d'échec", a-t-il affirmé, également sur France-Info. "Pour nous, c'est un atout. Nous allons travailler avec des opérateurs privés dont certains sont des agences d'intérim, d'autres des cabinets de reclassement, d'autres des organismes de formation et d'insertion professionnelle".
M. Charpy a rappelé que "du temps de l'Unedic", 46.000 chômeurs étaient déjà confiés à des "opérateurs extérieurs". "Aujourd'hui, ce sera 120.000 à 160.000 par an".
Démocrate de Boos :
Déjà que quand ils sont traités « normalement » les demandeurs d’emplois ne sont pas toujours très bien traités, alors si on les « sous-traite »…
Mais que penser d’un état qui passe son temps à réagir sur le présent et à négliger le long terme. La crise a surprit les services de l’état alors qu’ils n’étaient pas en état de faire face.
La création d’un pole emploi, réalisée sans tenir compte du temps réel d’adaptation des personnels à leurs nouvelles responsabilités, est une catastrophe. L’état pendant ce temps se permet de créer un système punissant les « mauvais » chercheurs d’emplois. Mais l’emploi quand y en a plus, y en a plus ! Et ce n’est pas avec un service public semi paralysé par la situation qui va permettre aux demandeurs de trouver un emploi.
Ben oui, fallait y penser avant.
Et la CAF, vous allez aussi faire appel au privé ? Parce que bravo, vous dégraissez les effectifs, et quand vous réalisez que vous n’avez plus suffisamment de monde pour faire face, vous embauchez, à la hâte, des personnels, non qualifiés, qui mettront des mois avant d’être efficaces. En bons gestionnaires, vous n’avez pas pensé que pour faire marcher une machine aussi complexe que la caf il fallait se garder un vivier qualifié de réserve ?
Dans les deux cas, dans une entreprise privée, les dirigeants auraient payé leurs erreurs, et vous, vous vous gargarisez de votre gestion calamiteuse.
J’ai eu l’occasion, cette année, de croiser des chefs d’entreprises qui font face à la crise. Je vais citer l’explication de l’un deux, qui dirige un groupe de plus de 100 000 salariés. « Le savoir-faire de notre personnel est un des principaux éléments de notre richesse. Plutôt que de licencier, nous formons, nous créons de nouvelles activités, enfin tout ce qui nous permet de garder notre qualité en attendant que nos anciens marchés redémarrent »
Si des dirigeants du privé arrivent à tenir ce genre de résonnement, pourquoi est-ce différent dans le public ? Ne sortez vous pas des mêmes écoles ? Non liquet…