Banques : Danger, les bénéfices viennent de la « reprise » des bas de laine.

Publié le par Renaud

Les banques font des bénéfices, ce serait donc la fin de la crise ?  Ne serait ce pas plutôt la mise en place des ingrédients idéaux pour préparer une nouvelle crise ?

Comme le fait très justement remarquer Philippe Cohen, de Marianne, les banques annoncent des bénéfices, recommencent à distribuer des bonus, seulement d’où vient cet argent ?
A la base, une banque est une entreprise qui sert d’intermédiaire entre ceux qui veulent, moyennant finance, mettre leurs économies à disposition et ceux qui veulent emprunter de l’argent.
Ces emprunteurs se divisent en deux familles :
Les particuliers, qui demandent un prêt destiné à la consommation (vacances, électroménager, …), ou a un investissement durable (immobilier, création d’entreprise)
Les entreprises, qui demandent un prêt destiné à assurer leur trésorerie, ou à leur développement interne (nouvel outil de production, R&D, …) ou externe (rachat d’autres sociétés).
Il est du crédit à la consommation ce qu’il est de la consommation, on se sert la ceinture.
Si l’investissement dans l’immobilier se portait bien, les ventes augmenteraient, ainsi que les prix du M2, ce qui n’est pas le cas, malgré le faible taux du crédit.
Beaucoup d’entreprises ferment, ce qui prouve que les repreneurs (donc investisseurs) ne sont pas très actifs. Dans le même temps, l’état doit faire pression sur les banquiers pour que les entreprises obtiennent des facilités de trésorerie.

Mais alors si l’argent des banques ne vient ni de ceux qui consomment ni de ceux qui produisent, et que nous sommes suffisamment cartésiens pour ne pas croire à la génération spontanée, d’où viennent les profits des banques ?

La seule solution qui reste c’est la spéculation.

Selon wikipedia :
La spéculation financière est une opération, ou une série d'opérations, d'achat et de vente de titres financiers (placements, créances, contrats dérivés) et, par extension, monétaires (devises, taux d'intérêt...), sur un marché organisé (Bourse) ou de gré à gré, dans l'objectif d'en tirer un bénéfice grâce à la variation de leurs cours, tout en prenant le risque de variation inverse.

La grande différence entre un investisseur et un spéculateur, c’est que le premier place son argent dans des entreprises dont il croit qu’elles vont se développer et apporter des bénéfices à long terme, et que le second mise sur une possible variation des cours à court ou moyen terme.
L’investisseur est un ami de l’entreprise et de l’économie, il participe à l’effort des entrepreneurs et de leurs salariés dans le but de faire croître l’entreprise, et d’en augmenter la valeur.
Le spéculateur, lui, joue à la hausse, en achetant des actions, pour revendre quand il considérera que ces actions ne vont plus monter ou qu’elles vont baisser. De la même façon ils vont « jouer à la baisse » attendant que les actions soient bien en dessous de leur valeur réelle.

Prenons l’exemple de Wolkswagen, des gros investisseurs (banque, fonds de placement, etc…) ont « joué » le titre à la baisse, en vendant ils faisaient baisser le titre, dans le but de racheter quand il serait au plus bas. Durant des mois le tire du fabricant automobile a dégringolé, alors que ses ventes se portaient bien. Des petits malins ont même « vendu à découvert », c’est-à-dire promis de vendre des actions qu’il n’avaient pas encore, en attendant qu’elles baissent en dessous du prix où ils avaient vendu. Résultat l’investisseur, qui avait placé son argent dans l’entreprise en question, voyait ses placements et ses économies diminuer de mois en mois.  Pas de chance pour les spéculateurs, dans cet affaire un autre élément a joué, une autre entreprise a décidé de prendre le control de Wolkswagen, en raflant toutes les actions disponibles. Les spéculateurs, qui avaient joué « à découvert », n’ont plus trouvé suffisamment d’actions disponibles pour livrer leurs acheteurs, et le cours s’est envolé.

La valeur d’une économie, et d’une entreprise, vient de sa capacité à créer des richesses en créant ou en valorisant des produits ou des outils de production.
Le système bancaire ultralibéral a fait le pari de créer une richesse en misant sur le risque et en préférant la valeur du marché à celle du produit. Avec les bulles économiques artificielles créées par ces choix la chute finale est obligée, la crise de la bulle Internet a, ainsi, durablement secoué l’économie mondiale.

La crise que nous traversons a été déclenchée par l’usage abusif des crédits immobiliers « subprime »
Pour les créanciers, les prêts subprime étaient considérés comme individuellement risqués mais globalement sûrs et rentables. Cette perception reposait sur une hausse rapide du prix de l'immobilier. Si un emprunteur ne pouvait payer, le prêteur récupérerait son logement (dont la valeur aurait augmentée) et le revendrait. En 2007, près de trois millions de foyers américains étaient en situation de défaut de paiement, et, faute d’acheteurs, le prix des logements a fortement chuté empêchant ainsi les préteurs de récupérer leur argent.

Le système bancaire repose sur la confiance, principalement la confiance des banques entre elles. Les banques, qui avaient massivement prêté sous forme de subprime l’argent confié par leurs clients, se sont retrouvés sans liquidités. La banque centrale américaine, en refusant de sauver une des principales banque américaine de la faillite, à provoqué la perte de confiance, une grande banque pouvait faire faillite et donc n’était plus obligatoirement solvable. Du coup les banques ont refusé de se prêter les unes les autres, provocant la faillite de celles qui manquaient de trésorerie et gelant les investissements économiques et industriels.

C’est donc en jouant ce même jeu, digne du jeu du foulard des cours de récréation, que les systèmes financiers réalisent des bénéfices. Et comme pour gagner il faut des meilleurs joueurs que les adversaires, on donne des primes de résultat mirobolantes aux joueurs.
Bref, on distribue de l’argent généré non pas par la productivité de l’économie mais, comme au poker, par la mise des joueurs.


Pendant ce temps-là, ceux qui produisent vraiment se retrouvent au chômage !

Pendant ce temps-là, M. Sarkozy est en vacances….
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